MUSIQUES PLAISIR ?        MANIPULATION, GESTE MUSICAL

BATON DE PLUIE

Fiche-pédagogique "ECOUTE"

« Papiers et bâton de pluie »

Ciblage : Fin cycle I à cycle III

 

Objectif : Par le jeu instrumental, réagir rapidement à un signal auditif et/ou visuel, qui déclenche une action (agir, c’est faire du son, du bruit, ou du silence). Ensuite, affiner le geste.

Durée : ~ 15 à 20 mn.

Situation : Un même matériel sonore est distribué aux enfants : papiers de différentes natures, de différentes textures. Les enfants sont en cercle. Le meneur de jeu (maître), au centre, possède un bâton de pluie. 

 

Déroulement

1) Exploration sonore libre pendant 2 mn, du matériel distribué aux enfants. La consigne étant de recenser toutes les manipulations possibles des papiers.

2) Chacun, à tour de rôle, montre ce qu’il a trouvé. Lorsque le premier a terminé, il touche son voisin qui émet de nouveaux sons, et ainsi de suite. Une contrainte : interdiction formelle de parler pendant le jeu.

3) Le meneur de jeu (maître) montre le bâton de pluie. Il le fait écouter, et le passe aux enfants qui le manipulent individuellement. Pas de paroles.

4) Le meneur de jeu renverse lentement le bâton de pluie, ou l’agite rapidement, ou le maintient immobile -à Les enfants, lorsqu’ils entendent du son, agitent, froissent leur papier, avec la même intensité que le meneur de jeu (situation auditive et visuelle).

5) Idem que 4, mais indice sonore seulement (le meneur n’étant pas visible).

6) Idem que 4, mais indice visuel seulement (le meneur agite un bâton de pluie « virtuel », les enfants émettent le bruitage correspondant au mime).

7) Idem que 4, en petits groupes de 4 à 5 (permet l’évaluation).

En grand groupe, un enfant joue le rôle de meneur de jeu, avec le bâton de pluie (voir consignes 4, 5 et 6). Ses camarades lui répondent avec les papiers.

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Fabrication d’un bâton de pluie

 

Le bâton de pluie est une instrument traditionnel qu’on retrouve dans des régions du monde très éloignées. Construits en bambou au Brésil, tressés en rotin à Madagascar, ils fonctionnent toujours de la même manière : dès que le bâton est retourné, et sans que l’instrumentiste fasse un geste de plus, il fait entendre un joli grésillement, rappelant une pluie assez drue, ou des vagues roulant sur des graviers. Le son peut durer plusieurs dizaines de secondes (c’est bien plus long que la résonance d’un triangle), et l’intensité du son reste égale du début à la fin.

Au Chili, il se nomme « cascades ». En Mélanésie, on l’appelle « bâton de parole » : chaque orateur peut s’exprimer aussi longtemps que dure le son produit par un seul renversement de l’instrument, soit une ou deux minutes pour les plus gros bâtons...

Quel est le principe de fonctionnement de cet instrument mystérieux, qui n’a pas manqué de fasciner tous les enfants et les adultes à qui nous l’avons fait écouter ? Le bâton est tout simplement rempli de petits grains durs qui sont freinés dans leur chute par de multiples chicanes, de tortueux cheminements qu’on a installés à l’intérieur.

Voici un moyen très simple pour en fabriquer. Procurez-vous d’abord :

un gros tube en carton, assez rigide, ceux par exemple qui forment le cœur des rouleaux de tissus (à récupérer dans les fabriques de tissus, les magasins de confection, etc.). Choisissez-les d’un diamètre compris entre 4 et 6 centimètres ;

plusieurs boîtes d’épingles (n° 8 ou 12) ;

du riz long (mais vous pouvez faire des essais avec des perles en verre, ou de petits graviers) ;

du gros chatterton d’emballage ;

du papier de couleur (des morceaux multicolores découpés dans des magazines, par exemple) ou bien de la grosse ficelle d’emballage ;

de la colle pour papier peint.

Enfoncez les épingles dans le tube avec un petit marteau (en faisant attention de ne pas l’écraser avec un coup malheureux !), de façon à remplir uniformément toute sa surface extérieure. C’est l’enchevêtrement des épingles - que vous pouvez évaluer en regardant à travers l’une des extrémités libres du tube - qui freineront la chute des petits grains mis en mouvement à chaque fois que vous le retournerez.

Si vous avez un tube assez long (1 mètre ou plus), vous pouvez disposer plusieurs enfants de chaque côté, avec un marteau et une grosse poignée d’épingles pour chacun : petit à petit, par roulement ou par « ateliers », il recouvriront tout le bâton. On peut d’ailleurs installer un « coin » bâton de pluie dans la classe ou dans l’école. Dix bâtons de pluie qui jouent ensemble, quel régal pour les oreilles, et quelles mises en scènes gestuelles et sonores originales !

Si vous faites vous-même votre bâton de pluie, vous consommerez moins d’épingles en les disposant en spirales le long du tube de carton. C’est d’ailleurs souvent ainsi qu’ils sont traditionnellement construits.

Quand le tube est couvert bien régulièrement, bouchez-en une extrémité avec une feuille de carton ou de papier tendue, puis recouvrez-le de gros chatterton. Croisez plusieurs bandes d’adhésif pour consolider les fonds.

Remplissez-le ensuite avec les perles ou le riz. C’est l’étape la plus gratifiante : dosez la quantité de perles, bouchez l’autre extrémité, retournez-le et... écoutez. Comme les enfants sont pressés d’entendre le son de leur instrument (c’est vrai qu’il est un peu long à construire), rien ne vous empêche, après avoir commencé à le piquer d’épingles et l’avoir convenablement rempli de riz, de boucher le tube aux deux extrémités. Il fonctionne déjà, même si le son ne dure encore pas très longtemps (les enfants compareront éventuellement au modèle que vous aurez fabriqué par devers vous). Petit à petit, on améliorera la durée du son en rajoutant des épingles.

Quand le bâton est prêt, et pour empêcher les épingles de ressortir du tube, recouvrez-le entièrement d’une ou plusieurs couches de papier de couleur trempé dans la colle à papier peint (travaillez avec des tabliers). Ou bien enroulez de la ficelle sur toute sa longueur : après avoir badigeonné, sur 10 ou 20 cm, le tube de colle à papier peint, un enfant tourne régulièrement le tube, tandis qu’un autre guide la ficelle. Recouvrez au fur et à mesure d’une couche de colle. Lorsqu’elle est durcie, elle devient transparente, et fait office de vernis.

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